Jouer la différence, créer du lien, Cathy Combarnous

Labirinto, Bruno Munari, 1973

Ouvert à 15 étudiant·es en année 1.

Ce temps à part autour du thème de la différence comme vecteur de lien, avec comme finalité la création d’un objet didactique ou jeu, sera une rupture dans votre quotidien. Il vous aérera l’esprit… et le corps ! Il vous familiarisera avec quelques outils et méthodes qui seront vos alliés vers le bon déploiement de tout projet de design : expérimentation, créativité, collaboration, organisation, communication, prise de parole, etc. Faire acte de design c’est savoir analyser, problématiser, travailler ensemble, savoir se remettre en question, pour rêver un avenir meilleur. C’est mettre en forme et conceptualiser une proposition en regard des enjeux et acteurs du projet, dans un contexte donné. C’est faire des choix en direction des usager·es.

Tenue décontractée et cerveau bien reposé exigés !

Réparti·es en équipe de travail autour d’un thème de votre choix parmi les thèmes proposés, voire plus selon les problématiques qui animent chacun·e, vous serez invité·es à imaginer et produire un objet didactique ou jeu sous la forme d’un prototype dont vous ferez la démonstration en fin de semaine. Le jeu que chaque équipe imaginera/proposera devra permettre de “mettre le doigt sur”, formaliser (mettre en forme), interroger, mieux appréhender/apprivoiser peut-être, une “différence”.

Différence
Nom féminin (latin differentia)

  1. Absence d’identité, de similitude entre des choses, des personnes ; caractères qui les distinguent l’une de l’autre ; dissimilitude : Je n’ai pas remarqué de différences entre les deux jumeaux.
  2. Ce qui reste lorsque l’on soustrait une quantité d’une autre, résultat d’une soustraction.

La différence, les différences, celles qui font parfois faire un pas de côté, éloignent voire séparent les individus, les groupes d’individus dans le pire des cas. Tout·e petit·e déjà, l’école nous apprend à être UN bon élève, “le modèle type” d’un bon élève – je dis ça d’après mon expérience, l’école évolue aujourd’hui et c’est très bien ! –, mais il y a une grande variété d’élèves avec lesquels il est inutile de se comparer, ce que l’école fait aussi d’après moi… faisait “à mon époque” en tout cas. C’est la différence donc la complémentarité entre toutes et tous, qui permet, d’après moi, de renforcer les liens et de leur donner tout leur sens… du sens, tout simplement.

Jouer la différence donc et créer du lien seront les objectifs majeurs du projet de design auquel je vous invite à participer. Ce jeu devra aussi permettre de faire lien entre des individus “différents”, de les rapprocher, d’une façon ou d’une autre. Les problématiques abordées pourront être variées : couleurs de peau, genre, âge, etc.

Le point de départ de ce sujet de workshop, pour moi, a été la rencontre avec une amie psychomotricienne pour les enfants/adolescent·es autistes qu’elle suit et accompagne au quotidien. À ses côtés, j’ai questionné l’utilité d’objets, de jeux en direction de ces usagers – démarrage possible d’un sujet de recherche pour moi . Pourquoi cette piste du jeu ? Les jeunes qu’elle suit, plus particulièrement, sont catégorisés “asperger”. Leurs capacités intellectuelles sont bien développées, leur ressenti de tout ce qui est extérieur à eux, globalement, est plus faible que celui de la majorité des individus. Ils sont donc en nécessité de sensations très fortes pour évoluer. Inspirée des productions de Enzo Mari, de Bruno Munari, dans les années soixante, l’approche du jeu me paraît être une piste, un point d’entrée et de dialogue possible avec ce type d’usagers.

“Connaître les enfants s’apparente à connaître les chats. Ceux qui n’aiment pas les chats n’aiment pas les enfants, et ne les comprennent pas”.
Bruno Munari, L’Art du design, édition Pyramid, 1960.

Durant tout le temps du workshop, nous porterons une attention particulière à l’expérimentation puis la concrétisation de votre proposition en volume, jusqu’à la production d’un prototype. Être en contact avec la matière est régressif, je trouve, réconfortant donc, plaisant, d’après moi, et bien souvent vecteur de solutions ! La théorie c’est bien, mais la pratique en design… c’est toujours mieux !
Des temps d’échanges constructifs et créatifs avec des étudiant·es en année 5 seront également aménagés. “Créer du lien” est aussi un objectif pour moi, en votre direction. Une école, c’est une multitude d’individualité et de ressources… différentes ! dont vous devez avoir conscience pour faciliter/éclairer votre parcours et vos choix.


Designer diplômée de l’ENSCI (École Nationale Supérieure de Création Industrielle, Paris), graphiste/illustratrice et web designer indépendante, particulièrement sensible aux problématiques environnementales, Cathy Combarnous a plusieurs cordes à son arc. Aménagement d’espace, scénographie d’exposition, création et conception graphique de sites Internet dans lesquels elle se spécialise depuis plusieurs années (ergonomie et web design), identités visuelles (logo, carte de visite, etc.), signalétique, etc. Chaque projet est un défi qui lui permet d’approfondir inlassablement sa maîtrise des outils, de déployer sa créativité, pour pouvoir répondre aux attentes de ses clients, aussi diverses soient-elles.

Cathy Combarnous aime questionner, imaginer, rêver, dessiner, créer, produire, communiquer, partager et transmettre (ateliers pédagogiques et participatifs en milieu scolaire, workshops, interventions en design et communication à l’Université Toulouse — Jean Jaurès niveaux L2, L3 et M2 — suivi de projets de diplômes). Faire sens, “travailler utile”, en direction des usagers, au cœur de ses réflexions, est pour elle un véritable leitmotiv.

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