Entrée libre dans la limite des places disponibles
Conférence proposée par La Place de la Danse — CDCN Toulouse Occitanie, en partenariat avec l’isdaT et dans le cadre du Festival Danses et Continents Noirs #28 organisé par le Centre Chorégraphique James Carlès.
Lorsqu’en 1932, à New York, un petit groupe de danseuses, presque toutes formées dans l’esprit de la danse expressionniste allemande, crée un collectif appelé New Dance Group, la situation économique aux États-Unis comme dans le reste du monde, est au plus mal. La crise de 1929 a engendré une paupérisation générale tandis que le racisme envers la communauté afro-américaine gangrène toute la société. Conscient des injustices qui frappe une grande partie de la population et particulièrement cette communauté, le New Dance Group affirme dès sa création la volonté d’unir la danse à la politique. Dénoncer les injustices de la société et le racisme ambiant seront indissociables de la pratique artistique, ce que la chorégraphe Pearl Primus résume au soir d’une de ses créations : “La danse est le poing avec lequel je me battrai contre l’ignorance manipulatrice du racisme.”
Dans le monde du spectacle, où pratiquement toutes les portes restent fermées aux artistes de couleur sauf à amuser le public blanc dans les cabarets de Harlem avec des numéros de claquettes, les cours prodigués au New Dance Group (NDG), très peu chers et ouverts à toutes et tous, créent une atmosphère interculturelle et interaciale. Très vite, le NDG, première organisation artistique à accueillir les afro-américains comme n’importe quel autre citoyen, devient un Centre où tout le monde se retrouve, danse et discute. Les consciences s’y forment autant que les corps. On ne compte plus les artistes qui viennent y créer, de Katherine Dunham à Alvin Ailey en passant par Donald McKayle, Talley Beatty ou Carmen de Lavallade. Après la Deuxième Guerre mondiale, si les thèmes sociaux comme la pauvreté, la faim ou le chômage n’occuperont plus la place centrale, la lutte contre le racisme n’a, au contraire jamais failli. Jusqu’à leur dernier spectacle, le NDG a défendu les citoyen·nes de couleur et leurs droits à l’égalité. C’est l’aventure de ce Collectif hors norme et leurs combats tout au long des 77 ans de son existence que nous allons revivre ensemble.
Danseuse contemporaine et notatrice Laban, Noëlle Simonet développe avec la Compagnie Labkine, qu’elle fonde en 1998, un travail artistique et pédagogique sur un répertoire d’œuvres de chorégraphes fondateurs de la danse américaine du début du 20e siècle. Elle a enseigné l’analyse et l’écriture du mouvement Laban au CNSMD de Paris pendant plus de vingt ans. Elle est éducatrice en technique somatique (Body-Mind-Centering).
