Jardins, catastrophes, place des pratiques contemporaines

more photos
Photographie © Time No Longer, 2025
Photographie © Time No Longer, 2025
Screenshot

Réservé aux étudiant·es et personnels de l’isdaT, dans la limite des places disponibles

Journée conçue et organisée par Valérie du Chéné et Hervé Sénant, enseignant·es et responsables du programme de recherche Time No Longer

Sous le titre Jardin, traumatisme, place des pratiques contemporaines, Time No Longer organise une journée d’études autour de trois invités, Marco Martella, Camille Prunet et Thiphaine Hameau qui, de leur points de vue et compétences croisées, aideront à interroger, éclairer et approfondir cet objet complexe qu’est le jardin aujourd’hui, vu sous l’angle de la catastrophe, c’est-à-dire finalement sous celui de l’exposition, du risque, du danger et non plus seulement sous celui du refuge, de la protection, du paradis symbolique.

Nous le considérons comme un ouvroir de pratiques artistiques potentielles. Si nous croyons que le jardin pourrait constituer pour les artistes un espace autre, un espace privilégié d’écoute et d’interrogation des temps présents et à venir, un espace de recherche de nouvelles attitudes, pouvant contribuer à la reconstruction d’un monde habitable fondé sur d’autres rapports, moins anthropocentrés , nous croyons qu’il ne peut y arriver sans accueillir la conscience des crises et catastrophes qui en zèbrent le ciel. Derek Jarman et son Prospect Cottage constituent à ce titre et à plusieurs égards une référence clé que nous interrogerons dans un premier temps.

Confinant au secret, dérobé à la vue et soustrait à la fréquentation, le jardin de la Manufacture des Tabacs à Morlaix nous donnera l’occasion d’un contrepoint intéressant et de confronter deux jardins, l’un historique et l’autre contemporain, faisant tous deux la part belle à la visite d’autres artistes.

Cette matinée se poursuivra l’après-midi par la présentation d’un état du film collectif de Time No Longer en cours de réalisation, suivie d’une discussion à son sujet avec nos invité·es. Quelques membres du programme évoquerons ensuite leur pratique individuelles et témoignerons de l’apport du programme de recherche en terme artistique et à titre professionalisant.


Né à Rome, Marco Martella est écrivain, jardinier, membre du Conseil scientifique et vice-président de l’institut européen des jardins et paysages. Depuis 2010, il dirige la revue “Jardins” dont il est fondateur, d’abord aux éditions du Sandre, puis aux Pommes sauvages, maison d’édition qu’il a fondé et qu’il dirige. Aux éditions Poesis il a publié Un petit monde, un monde parfait (2018), et chez Actes sud Fleurs (2021) et Les fruits du myrobolan (2023). En utilisant des hétéronymes, il a publié chez le même éditeur Le jardin perdu (Jorn de Précy, 2011) et Jardins en temps de guerre (Théodor Ceric, 2014), également édités en Italie et en Espagne.

Camille Prunet est Maîtresse de conférences en esthétique et théorie de l’art à l’Université Toulouse – Jean Jaurès, co-responsable de la Licence Arts plastiques et Directrice du département Arts plastiques Design. Spécialiste des représentations artistiques du vivant et des relations entre art et science, elle a notamment publié l’ouvrage Penser l’hybridation – Art et biotechnologie (2018) et codirigé l’ouvrage Seconde nature (2019). Elle est également critique d’art et commissaire d’exposition.

Né en 1979 à Mayenne, Tiphaine Hameau est un artiste-jardinier autodidacte qui reconnaît toutefois l’influence de l’artiste botaniste Liliana Motta, dont il a été l’assistant, notamment au moment où celle-ci représente la France à la Biennale de Venise en 2006 : “c’est auprès d’elle que j’apprendrai à lire le paysage et le donner à voir”. À ses côtés, il collabore avec l’architecte Patrick Bouchain, tandis que l’occasion lui est donnée de fréquenter l’artiste Daniel Buren dont il revendique également l’influence, de même que celle de Gilles Clément.
En 2010, Tiphaine Hameau conçoit le jardin de mauvaises herbes au Fort St Georges de la forteresse royale de Chinon, au croisement d’une démarche d’inventaire et de recherche ethnobotanique qui étudie les relations unissant le monde végétal et l’espèce humaine. En 2012-2013, il est résident-chercheur invité à la “coopérative de recherche”, résidence de recherche initiée par l’École supérieure d’Art de Clermont Métropole.
Depuis juin 2019, il fait renaître un lieu emblématique du Finistère et de la mémoire ouvrière de la ville de Morlaix : les jardins de la Manufacture royale des Tabacs. Dans ce jardin longtemps laissé à l’abandon, il déploie une écoute fine de l’ensemble des êtres qui le traversent ou s’y projettent, de même que des attentes qu’il secrète, au profit d’une démarche de conciliation, de cohabitation apaisée, qui ménage l’histoire passée et la vie qui s’invente dans le respect des droits et aspirations de chacun.e, en particulier de celleux les plus mésestimées. Revendiquant une pratique de ménage rigoureuse, il adopte comme ligne de conduite : “Rien ne sort, tout se transforme”. Son travail de réaménagement passe de fait par un très grand soin qui implique en cohérence une ouverture raisonnée et mesurée au public, composante de la vie et du soin du jardin. Lieu de résidence, le jardin de la Manufactures accueille les artistes en cohérence avec son projet.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Consultez nos mentions légales pour en savoir plus.
Oui, j'accepte les cookies