Changer d’échelle

Dès son apparition, la société industrielle aura pensé la notion de limite comme une entrave. Pour augmenter ses capacités 
de production dans le domaine de l’énergie, de l’alimentaire et de divers produits de consommation, elle s’est organisée autour du modèle de la centrale, modèle qui repose sur la concentration des moyens de productions. On sait depuis plusieurs décennies déjà 
les conséquences désastreuses de cette production à grande échelle sur les milieux 
de vies qui sont les nôtres. « Le monde ne se développe pas à la bonne échelle », remarque le chercheur en mathématique Olivier Rey.

Face aux manifestations de démesure des organisations humaines contemporaines, nous nous intéressons de près aux idées 
de petite échelle, de limite et de seuil que l’on interrogera en se penchant sur des penseurs et penseuses de différentes époques et disciplines. Pour les philosophes antiques, l’idée de limite conditionne l’existence d’une chose, lui donne une forme. Des penseurs et penseuses plus contemporain·es, inscrit·es dans le champ de l’architecture, de l’urbanité et du design, l’envisage aussi positivement. Yona Friedman par exemple voit dans la taille limite d’une ville une condition de l’utopie urbaine qu’il promeut. Pierre-Damien Huyghe, lui, nous invite à penser un mode d’urbanité qui peut se passer de la notion de centre.

Nous explorerons de près l’hypothèse d’un changement d’échelle pour penser en lieu 
et place des centrales, de petites unités 
de productions disséminées et organiques, un ensemble de systèmes autonome constitués en « voie lactée » et qui assurerait 
son autonomie par des circuits courts de production et de distribution des biens de première nécessité, et d’informations.

On s’interroge plus particulièrement sur 
la manière dont le design peut accompagner ce changement d’échelle.

Ce champ de recherche se composera d’un volet théorique — un séminaire de 4-5 séances faisant se succéder différent·es intervenant·es : philosophe, économiste et anthropologue et d’un volet pratique à travers l’élaboration d’un projet de recherche appliqué de restauration collective dans l’école. Il se déploiera selon un angle différent par les studios de l’option design de l’isdaT.

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