Cycle 2 option design

Le design recouvre un champ d’action pluriel, il touche aussi bien aux environnements urbains, aux objets peuplant les espaces domestiques et publics, qu’à ce qui se joue entre eux. Une segmentation du design en spécialités diverses, « design d’espaces », « design d’objets », « design de services », etc., ne va pas sans poser problème et tend à sous-estimer les relations existant entre ces différents champs d’activité. Aussi, la singularité de l’enseignement du design à l’isdaT tient au fait qu’il y soit pensé avant tout comme un état d’être au monde, comme une attitude, nourrie de la prise en compte des milieux.

Une autre caractéristique de l’enseignement du design tel qu’il est pensé à l’isdaT réside dans la perspective critique adoptée à l’encontre de certaines manières de penser et de pratiquer le design largement répandues aujourd’hui : cette critique porte sur un design entièrement subordonné à des intérêts économiques, un design au service d’une organisation productiviste et marchande. Le design tel qu’il s’enseigne à l’isdaT cherchera d’autres orientations, il veillera à faire primer les intérêts humains sur la recherche du profit et de l’avantage concurrentiel, à prendre soin des hommes et de ce qui les environne.

Par un soin accordé aux qualités sensibles des objets produits, le design peut être à même de rendre l’homme plus conscient, vif et alerte quant aux mondes qui l’entourent. « Il n’y a pas de conscience politique aveugle » disait le cinéaste Jean-Marie Straub. Ici des enjeux politiques — être plus lucide sur ce qui nous entoure, être au fait des spécificités de notre époque et pouvoir ainsi en parler – rencontrent des enjeux esthétiques. Cette rencontre invite à considérer ensemble « idéaux » politiques et questions liées aux formes des objets.

Aussi, c’est en se frottant aux champs de l’art, de l’architecture et de l’urbanisme, mais aussi des sciences humaines et sociales que les designers en devenir parviendront à construire une culture et une démarche singulière et à affiner leurs hypothèses de travail. Il importe que ces orientations puissent rencontrer des façons de faire. Ainsi,contrairement à toute une tendance du design qui tend à faire prévaloir la phase d’idéation sur la phase d’effectuation, le design ici, ne se situe pas dans un au-delà du faire. L’intention initiale doit pouvoir rencontrer des conditions matérielles, un dialogue entre l’outil et la matière, entre une idée et des modes de production des plus archaïques aux techniques les plus récentes. L’atelier est de ce point de vue un point névralgique de l’enseignement du design à l’isdaT.

Le programme des études comprend et s’organise autour de 3 studios : ils intègrent l’unité d’enseignement projet plastique, prospective, méthodologie, production. Chaque studio est associé à un ou plusieurs ateliers techniques et aux cours communs (obligatoires) intégrant l’unité d’enseignement initiation à la recherche, suivi du mémoire, philosophie, histoire des arts et langue étrangère.

DNSEP design de Léo Fasa-Grandet, juin 2017 © Franck Alix, isdaT Toulouse
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Johan Armand, DNSEP option design 2021. Photographie © Franck Alix
DNSEP design de Léo Fasa-Grandet, juin 2017 © Franck Alix, isdaT Toulouse
DNSEP design de Léo Fasa-Grandet, juin 2017 © Franck Alix
Farah Harmouch, DNSEP option design 2020. Photographie © Franck Alix
Anne-Sophie Jolivet, DNSEP Design 2017, isdaT
Anne-Sophie Jolivet, DNSEP Design 2017 © Franck Alix
Antoine Gervois, DNSEP design, juin 2015 © Franck Alix

Les studios

Les Communs

Comprendre et partager son milieu : à l’heure du tout propriétaire et des objets ou des pratiques de plus en plus fermés, c’est tout l’enjeu de ce travail qui propose une mise en commun des connaissances et des techniques. Le studio se donne pour perspective de travailler et d’interroger les rapports aux milieux techniques et les rapports sociaux à travers une élaboration de nouvelles stratégies et organisations basées sur les pratiques communes, que cela soit au niveau local que mondial. Nous explorerons les enjeux du numérique dans leurs relations aux autres techniques et à la politique. L’humain est ici envisagé comme être technique à part entière à un niveau autant pratique, que symbolique. Le travail s’articulera autour de l’usage du numérique en rapport aux techniques préexistantes : de petite échelle avec le bricolage numérique, de grande échelle avec les grands formats d’impression ou de découpe, du paramétrable avec l’usage du réseau, etc. Le rapport au territoire sera interrogé pour mettre en évidence les liens et les interactions portés par les dynamiques de la mondialisation. Le travail est organisé en groupe autonome avec des dates de rendu collectif, en relation avec des fablab, la Compagnie du code et l’INSA.

Un des objectifs est de travailler à la diffusion de modèle et de fiches techniques à travers la bibliothèque infinie à partir des éléments suivants: Espace & Milieux, Voir, Besoins, Repos, Faire, Corps, Matière. Ces éléments constituent des parties de projets d’architecture d’intérieur, de mico-architecture, des éléments de nos espaces de vie, dont les objets font partie intégrante. Un projet est proposé chaque année afin de mettre en application ces éléments et pouvoir les produits.

Urbain & crises

Le studio est orienté sur l’urbain, centre de gravité de vie de la majorité de la population mondiale depuis 2008. Il porte sur l’impact que les crises de toutes natures : environnementale, économique, politique… opèrent sur son métabolisme, ses usages, espaces, organisations, modes de gouvernances ; et sur les stratégies que mettent en œuvre individus ou populations, pour faire face à des situations particulières, les négocier pour s’y adapter au mieux ; et à partir d’elles, inventer de nouvelles formes servant leurs convivialités.

Les crises correspondent aux déséquilibres et perturbations qui induisent des changements insidieux ou sensibles dans le développement urbain ; en modifient les éléments constitutifs et en transforment les actants. La notion de crise devient notre grille de lecture et d’analyse pour questionner nos rapports à différentes façons d’habiter, et concevoir des espaces-temps partageables. Le travail du studio porte sur des contextes choisis en état actuel de crise ou en processus de sortie. Il s’appuie sur une méthodologie d’étude transdisciplinaire associant l’analyse urbaine, politique, architecturale et sociale, à l’enquête documentaire et la forensique.

Studio des Alternatives

À l’image des éco-systèmes qui englobent l’ensemble des inter-relations établies entre divers êtres vivants, entre eux et leur milieu, le studio des alternatives se donne pour objectif de questionner notre relation au vivant, aux matériaux, à leurs propriétés et leurs contextes de production ; de l’extraction à la transformation, du recyclage au réemploi, à travers les imaginaires qu’ils convoquent.

Si un champ du design a cherché son autonomie et sa légitimité en s’alliant aux intérêts du marché et de l’industrie, un autre a choisi de s’aventurer en dehors des lois du marché et du consumérisme. Afin d’acquérir la liberté de ne pas produire continuellement, ce design évite l’ajout d’objets supplémentaires au monde et repense l’existence des êtres et du vivant dans leur rapport à leur milieu technique, culturel et naturel. En préconisant de produire en dehors des critères de rendement, en dépassant les logiques de profit à court terme, en s’écartant des outils de production industrielle à grande échelle ; l’expérimentation et l’observation des milieux, de leurs ressources, les organisations humaines furent placées au centre même de ces intéractions pour aujourd’hui données mutuellement lieu à une hétérogénéisation de nos modes de production. À cet endroit le studio s’attachera à étudier les alternatives et les possibles changements/transformations que peut opérer le design dans la création, la conception et la fabrication des espaces, des objets et des scénographies du quotidien.

Le travail en studio s’attachera à étudier des contextes impactés par une gestion mécanisée, rationalisée et industrialisée des territoires en privilégiant une approche méthodologique transdisciplinaire associant la démarche du designer aux sciences du végétal, à l’anthropologie, aux sciences sociales, aux techniques, à la micro économie et à l’architecture.De l’étude des modes d’extraction des ressources naturelles à la production des artefacts, il s’agira ici d’initier ce travail au sein même des contextes à l’étude : visites, enquêtes, entretiens, reportages en collaboration avec des laboratoires, des associations, des entreprises partenaires de ce programme et les ateliers techniques de l’isdaT.

Workshop design Céramique 3D au 8Fablab avec le studio Les Communs © Jean-Marc Evezard, février 2021
Querelles et harmonies en cuisine, Biennale internationale du design de Saint-Étienne, mars 2019 © Jean-Marc Everazd

Les stages

Les étudiant·es auront à effectuer un ou des stages au semestre 8 d’une durée de quatre semaines. Le séjour en échange Erasmus devra lui aussi avoir lieu au semestre 8.

Vincent Kremer, admis avec mention, DNSEP option design 2019. Photographie © Franck Alix

Équipes

Direction des études art, design, design graphique
David Mozziconacci
david.mozziconacci@isdat.fr

Enseignant coordonnateur
Jean-Marc Evezard

Secrétariat pédagogique 
Bettina Mellet et Fabrice Matéo
+33 (0)5 31 47 11 95
+33 (0)5 31 47 11 94
bettina.mellet@isdat.fr
fabrice.mateo@isdat.fr

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