Écrire la nuit, Amélie Bouvier

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Amélie Bouvier, exposition "Imaginaire spatial" au Pavillon Blanc © Eric Corlay, 2026
Amélie Bouvier, exposition "Imaginaire spatial" au Pavillon Blanc © Eric Corlay, 2026
Amélie Bouvier, exposition "Imaginaire spatial" au Pavillon Blanc © Eric Corlay, 2026

Dans le cadre de l’exposition Imaginaire spatial, 12 étudiant·es en 2e année à l’isdaT sont invité·es par le Pavillon blanc Henri-Molina à participer à un workshop mené par Amélie Bouvier

L’artiste propose une exploration visuelle et conceptuelle du ciel et du cosmos, en s’appuyant sur les représentations passées et présentes de l’univers. À travers une série d’œuvres qui s’étend sur plus d’une dizaine d’années, elle entremêle des images propres à la science, à la mythologie, à la culture populaire ou aux archives pour parler de ce qui est lointain, inaccessible et pourtant chargé de désirs, d’ambitions et de croyances. Parce que notre relation au ciel est depuis toujours nourrie de croyances, de désirs et de fantasmes, et qu’elle est aujourd’hui traversée par de fortes tensions écologiques et politique, l’artiste et l’équipe du Pavillon blanc invitent le public à glisser un mot exprimant la place que le ciel étoilé occupe dans leur vie au sein d’une « table étoilée ». Pour guider leurs témoignages, les thèses d’Olivier Bleys et Jo Marchant sont citées en introduction de l’exposition :

« L’auteur Olivier Bleys, dans son livre La marche aux étoiles (Actes Sud, 2025), écrit : « Le ciel est le grand oublié de notre pensée de la nature. Or, les pollutions chimiques et lumineuses, la prolifération des satellites, la multiplication des débris spatiaux le placent au rang d’espèce en voie de disparition. » L’autrice et journaliste Jo Marchant, dans son ouvrage The Human Cosmos (Canongate, 2020), explique que notre relation avec les étoiles et les planètes est passée de la crainte, de l’émerveillement et de la superstition à une relation où la technologie est reine : le cosmos est désormais exploré à travers les données sur nos écrans, et non plus à l’œil nu en observant le monde naturel. Et vous, que voyez-vous (ou pas) en regardant le ciel ? Quelle place le ciel étoilé occupe-t-il encore dans vos vies ? »

Ces témoignages, recueillis anonymement, seront découverts lors de la rencontre avec les étudiant·es et serviront de point de départ à un travail collectif. Les étudiant·es seront invité·es à explorer différentes formes de traduction et d’appropriation : texte, son, performance, image, dispositif, etc. À la croisée de l’art, de la science et des pratiques participatives, ce workshop propose aux étudiant·es d’interroger la manière dont des voix extérieures peuvent nourrir un processus de création, tout en questionnant le statut de l’œuvre elle-même. Comment intégrer des récits qui ne sont pas les nôtres dans un processus créatif ? Que fait une parole étrangère à une pratique artistique ? À quel moment devient-elle matière, contrainte, moteur ou résistance ? Ce temps de travail collectif ne vise pas une finalité fermée. Chaque étudiant·e développera une proposition personnelle, ancrée dans sa pratique et son positionnement critique. L’échange, l’expérimentation et le dialogue entre les participant·es seront au cœur du workshop.


Diplômée de l’isdaT en 2008, Amélie Bouvier vit et travaille à Bruxelles. Son œuvre s’appuie sur l’histoire de l’astronomie pour questionner les images scientifiques qui façonnent notre compréhension du monde. En associant données réelles et imaginaire, elle compose des paysages célestes où se révèlent les limites, les zones d’ombre et les contradictions de notre rapport au cosmos.

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